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Le VIH et le sida, l'hépatite C et le cancer sont
des maladies effroyables qui touchent des millions de vie dans le
monde entier chaque année. À compter de 2005, un nouveau
laboratoire de pointe situé à Montréal aidera
les chercheurs dans leurs efforts en vue de trouver de nouveaux
vaccins et de nouvelles immunothérapies qui seront peut-être
une source d'espoir pour ces personnes.
Le Réseau canadien pour l'élaboration de vaccins
et d'immunothérapies (CANVAC) est le premier à
appliquer l'idée d'un grand laboratoire national
centralisé pour surveiller et analyser le statut immunitaire
de patients qui se trouvent à divers stades d'une maladie
et contrôler leur réponse immunitaire aux immunothérapies
et aux vaccins courants. Il s'agira d'installations
uniques au monde.
| Une pièce maîtresse
du casse-tête
Pourquoi certaines personnes sont-elles protégées
contre la maladie alors que d'autres ne le sont
pas?
Le nouveau laboratoire du CANVAC sera bien équipé
pour trouver la réponse à cette question
grâce à une technologie de pointe. Celle-ci
permettra aux chercheurs d'analyser tous les échantillons
dans des conditions identiques, quelle que soit leur
origine.
Par exemple, les chercheurs seront en mesure de comparer
le statut et la réponse immunitaires des patients
atteints du VIH/sida qui se trouvent à différents
stades de la maladie : ceux qui sont atteints de l'infection
à VIH mais non du sida, ceux qui évoluent
rapidement vers le sida, ceux qui n'évoluent
pas vers le sida et ceux qui demeurent séronégatifs.
En examinant la nature des différences dans la
réponse immunitaire, les chercheurs en apprendront
davantage sur les facteurs qui déterminent la
progression ou la non progression de la maladie.
Leurs observations contribueront largement à
la mise au point de vaccins et d'immunothérapies
et de même qu'à la détermination
de leur efficacité.
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CANVAC a reconnu la nécessité de créer ce
nouveau laboratoire, et l'Université de Montréal qui
héberge CANVAC avec deux autres universités du réseau,
a demandé un financement à la Fondation canadienne
pour l'innovation (FCI), qui appuie la création d'infrastructures
de recherche scientifique. Le financement de ce laboratoire a été
annoncé au début de 2004.
Le Dr Michel Klein, directeur général
de CANVAC et l'un des principaux promoteurs du laboratoire, explique
l'importance de celui ci : « À l'heure actuelle,
nous ignorons pourquoi certaines personnes sont protégées
contre certaines maladies alors que d'autres ne le sont pas et pourquoi
un vaccin est efficace ou non. Nous sommes dans le noir. C'est pourquoi,
si nous n'étudions pas ces questions avec des outils perfectionnés
et des technologies de pointe, nous ne progresserons pas. »
De plus, un laboratoire centralisé permettra d'harmoniser
les données en les organisant de façon standardisée,
validée et uniforme. Dans le passé, il existait des
variations dans les résultats obtenus par différents
laboratoires.
« Nous avons compris que les résultats des essais
pouvaient être différents d'un laboratoire à
l'autre », d'affirmer le Dr Klein. « Cette
situation s'explique par le fait que les gens, les technologies
et les méthodes d'analyse diffèrent selon les endroits.
La centralisation et l'automatisation éliminent cette source
d'erreur. »
Cela signifie que les chercheurs peuvent comparer les vaccins
et les traitements au moyen de paramètres communs. Toutes
choses étant égales par ailleurs, les résultats
peuvent être considérés comme exacts en toute
confiance. « Il s'agit d'un outil de recherche très
puissant », d'ajouter le Dr Klein.
Totalement automatisé et faisant appel à la technologie
de la robotique, le nouveau laboratoire aura une capacité,
c'est à dire le nombre d'analyses qu'il peut effectuer et
le volume des données qu'il peut traiter, énorme.
Il a été conçu ainsi afin de répondre
à une demande élevée, tout en appliquant de
bonnes pratiques de laboratoire (BPL). « Il s'agit là
d'une considération très importante, »
de déclarer le Dr Klein. « Les
systèmes automatisés sont bien supérieurs aux
humains lorsqu'il s'agit de se conformer à des lignes directrices
réglementaires. Ils éliminent l'erreur humaine et
font en sorte que les résultats sont reproductibles. »
Des technologies sur mesure, qui englobent des logiciels et du
matériel de même que l'automatisation robotisée,
seront mises au point au Canada par le University Health Network
de Toronto et des sociétés comme Becton Dickinson
et la Société canadienne Thermo CRS.
Toutefois, bien que ces technologies seront créées
au Canada par des Canadiens, leurs retombées seront ressenties
dans le monde entier. « CANVAC a pour mandat de transférer
cette technologie aux pays en développement, »
de déclarer le Dr Klein. « Notre
objectif est de faire en sorte que nous utilisions les mêmes
technologies partout dans le monde. »
La formation de personnel hautement qualifié représente
un élément vital du programme de Réseau de
centres d'excellence (RCE). Le nouveau laboratoire fournira un outil
d'apprentissage extraordinaire aux étudiants qui participeront
à des projets de recherche et des essais cliniques réels
plutôt qu'à des travaux plus théoriques comme
ceux qui sont effectués en milieu universitaire. « Cette
expérience pratique est extrêmement précieuse, »
d'affirmer le Dr Klein. « Très
peu d'étudiants du milieu universitaire ont ce type d'occasion. »
Le centre de surveillance du système immunitaire formera
des scientifiques de haut niveau qui souhaitent travailler dans
un milieu scientifique adhérant à de « bonnes
pratiques de laboratoire » et astreint à un contrôle
de qualité rigoureux, ce qui est courant dans l'industrie.
Le nouveau laboratoire effectuera des analyses dans le cadre d'essais
cliniques des phases I à III, en d'autres termes, des
essais d'innocuité jusqu'aux essais d'efficacité.
Les domaines de recherche actuelle sont le VIH, l'hépatite
C et le cancer, mais il ne s'agit là que d'un
début.
« Si nous parvenons à valider le principe que la
surveillance du système immunitaire fournit des résultats
très importants, nous pourrons alors l'appliquer à
de nombreuses autres maladies. Il s'agirait évidemment d'une
ouverture », d'ajouter le Dr Klein.
Cette ouverture et l'élargissement des domaines d'étude
représentent l'un de leurs principaux objectifs. « Ces
domaines ne sont jamais statiques. Il nous faut toujours regarder
vers l'avenir. Ainsi, si cette plateforme représente aujourd'hui
la fine pointe de la technologie, l'un des volets de la recherche
consistera à élaborer de nouvelles analyses ou des
essais plus spécifiques pour examiner différents aspects
de la réponse immunitaire dans une situation dynamique. C'est
la continuité du progrès. »
Les travaux d'installation du laboratoire débuteront
en janvier 2005 et dureront environ six mois. Ainsi, au milieu de
l'année 2005, le laboratoire commencera à effectuer
des analyses et devrait atteindre sa pleine capacité à
la fin de l'année prochaine.
www.canvac.ca

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