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Retombées - Institut canadien pour les innovations en photonique - ICIP

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Nouveau traitement en vue pour la principale cause de cécité : Utiliser la précision des lasers pour cibler des cellules uniques
 

Une équipe de l'ICIP travaille à la mise au point d'un instrument permettant de prévenir les effets indirects qui causent la destruction du tissu sain de la rétine dans le traitement de la principale cause de cécité.

La dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA), la principale cause de cécité dans la plupart des pays développés, survient lorsque les tissus et les vaisseaux sanguins du centre de la rétine se développent trop rapidement.

À l'heure actuelle, la thérapie photodynamique (TPD) constitue la méthode de choix pour le traitement de la DMLA. On administre aux patients un médicament sensible à la lumière, qui n'est absorbé que par le tissu endommagé. Les thérapeutes exposent ensuite, de manière sélective, la région du tissu endommagé à une lumière qui active le médicament à détruire ce tissu.

Bien que ce traitement bloque la progression de la maladie, explique le Dr David Cramb, directeur de projet à l'ICIP, il est rare qu'il permette au patient de retrouver la vision qu'il avait perdue. « L'incapacité de recouvrer la vision perdue pourrait être due aux dommages indirects causés aux tissus sains avoisinants » signale le Dr Cramb. Or, ces dommages pourraient être réduits au minimum, voire éliminés, si le thérapeute pouvait cibler le tissu malade avec plus de précision.

Par « plus de précision », le professeur de l'University of Calgary veut dire une précision de l'ordre d'une seule cellule. « Pour traiter uniquement le tissu malade, explique-t-il, il faut que la lumière que nous utilisions puisse passer à travers le tissu sain de façon inoffensive et pénétrer les cellules qui auront été identifiées au moyen du médicament photosensible. Une telle stratégie nous permettrait d'éliminer les dommages indirects et le patient aurait plus de chances de recouvrer la vue perdue. »

Une méthode de photonique avancée, l'absorption duophotonique, constitue la base d'une nouvelle version de thérapie photodynamique. Si deux photons doivent être absorbés simultanément pour activer le médicament, la sensibilité à l'intensité lumineuse est de beaucoup augmentée. Ce n'est qu'au foyer d'un rayon laser hautement focalisé que le médicament sera suffisamment activé pour détruire la cellule endommagée, laissant le tissu sain avoisinant intact.

En adaptant la technologie des lasers ultrarapides aux ophtalmoscopes, l'équipe multidisciplinaire du Dr Cramb, répartie dans six universités (McGill, Waterloo, Sherbrooke, McMaster, Toronto et Calgary [le laboratoire du Dr Cramb]), avec son expertise collective impressionnante cherche des moyens d'émettre de la lumière avec une précision et une maîtrise suffisantes pour permettre de passer à la TPD à deux photons. Le but du projet est de fabriquer un prototype d'instrument automatique que les ophtalmologistes pourront utiliser dans leur cabinet de consultation.

Combien de temps encore avant que le projet ne passe du banc d'essai au cabinet du médecin? Au cours des quatre prochaines années, l'équipe prévoit relever les défis suivants : mettre au point des lasers moins coûteux que ceux utilisés pour le prototype, adapter les médicaments photosensibles à la nouvelle technologie duophotonique, trouver une solution au problème posé par le mouvement des yeux des patients pendant la prise d'empreintes rétiniennes et adapter le système optique afin qu'il puisse corriger les aberrations optiques du cristallin ou de la cornée de l'œil du patient.

L'équipe s'attend à terminer le travail sur le prototype automatique d'ici deux ans. Avec des collaborateurs en sciences biologiques et médicales, de même qu'avec l'aide d'intervenants de l'industrie pharmaceutique, elle prévoit, d'ici quatre ans, avoir recueilli suffisamment de donnéesdes études faites sur les animaux pour pouvoir entreprendre des essais cliniques chez l'humain et appuyer la commercialisation de la technologie.

En ce qui concerne la commercialisation, le Dr Cramb signale que plusieurs entreprises bien connues pour leurs instruments d'ophtalmologie ont déjà manifesté leur intérêt pour cette technologie. À l'heure actuelle, les coûts de fonctionnement du laser au saphir titane de l'équipe de l'ICIP s'élèvent à environ 150 000 $. Le Dr Cramb prévoit réduire ces coûts à environ 20 000 $, un prix qui permettrait aux médecins d'équiper leur cabinet de cet instrument afin de pouvoir traiter leurs patients sur place.

www.cipi.ulaval.ca

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