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Retombées - Réseau canadien de recherche sur les bactérioses - RCRB

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Une bonne nouvelle pour l'homme : Un vaccin est mis au point au Canada pour limiter la présence d'<i>E. coli</i> chez les bovins
 

Les Canadiens ont directement fait l'expérience des dangers liés à l'infection à E. coli et de la dévastation que peut causer une flambée de cette infection. En mai 2000, dans la petite ville de Walkerton, en Ontario, sept personnes sont mortes et plus de 2 000 sont tombées malades à la suite de la contamination de la réserve d'eau potable de la ville par les eaux de ruissellement de fermes bovines avoisinantes. De plus récentes flambées d'infection à E. coli qui se sont produites à Calgary, à Sudbury, dans les Maritimes, de même que les fréquentes survenues de cette infection aux États-Unis, mettent en évidence l'ampleur de la menace qu'elle représente pour la santé humaine.

Deux chercheurs affiliés au Réseau canadien de recherche sur les bactérioses (RCRB), Brett Finlay et Andrew Potter, ont mis au point un vaccin qui réduit les risques d'exposition à une dangereuse souche d'E. coli, celle-là même qui a frappé Walkerton et d'autres collectivités du Canada. Ce vaccin réduit considérablement les quantités d'Escherichia coli 0157:H7 excrétées par les bovins.

Il peut sembler quelque peu bizarre de s'en remettre à un vaccin pour bovins pour régler un problème de santé humaine. Mais comme les bovins sont la principale source d'infection chez l'homme, « un vaccin pour bovins est la meilleure solution puisqu'il s'attaque au problème à la source », affirme Brett Finlay. On en est maintenant aux étapes finales des essais et des approbations; le vaccin devrait donc être disponible dans un avenir rapproché.

La mise au point et la commercialisation du vaccin ont fait l'objet d'efforts concertés dès le départ. Brett Finlay, un expert en santé humaine, a fait équipe avec Andrew Potter, directeur adjoint (recherches) de la Vaccine and Infectious Disease Organization (VIDO) et membre du Réseau canadien de recherche sur les bactérioses, qui est pour sa part expert en santé animale et en mise au point de vaccins.

« Nous étions faits pour nous entendre », dit Brett Finlay, qui s'empresse de reconnaître la contribution du RCRB au travail qu'ils ont réalisé. « Si le RCRB n'avait pas été là comme catalyseur, le projet n'aurait même pas vu le jour. »

Bien que la tragédie de Walkerton ait certainement sensibilisé le public au problème posé par E. coli, les recherches sur la prévention de l'infection humaine avaient le vent dans les voiles avant même que ne survienne ce triste événement. L'Alberta Research Council (ARC), de Edmonton, et Bioniche Life Sciences Inc., une société biopharmaceutique spécialisée en santé humaine et animale de Belleville, en Ontario, ont été mis à contribution pratiquement dès le début des recherches. En 1999, Dragan Rogan, vice-président de la recherche et du développement de la division de la santé animale chez Bioniche, a examiné certaines des données produites par Andrew Potter et Brett Finlay. « J'avais l'impression que ce projet était prometteur et qu'il comportait de réelles possibilités », dit-il. Dragan Rogan a communiqué avec le RCRB et l'ARC, et tout s'est mis en branle.

L'expertise en matière d'affaires et de commercialisation qu'a fournie Bioniche aux chercheurs a été essentielle. « Il est crucial, avec des produits de ce genre, de déterminer dès le départ si un débouché commercial existe », affirme Andrew Potter. « La participation du secteur privé au processus est inestimable. Nous pouvons appliquer rigoureusement la démarche scientifique, mais, avec l'aide du secteur privé, nous pouvons le faire d'une manière viable sur le plan commercial. »

Comme elle a donné un soutien immédiat aux recherches, Bioniche peut s'attendre à retirer des avantages financiers de la fabrication et de la commercialisation d'un produit efficace.

Grâce à cette collaboration, le transfert de la technologie du laboratoire au marché a été rapide et efficace. En fait, tous les partenaires du projet croient fermement que ce travail d'équipe a rationalisé le processus et raccourci le temps habituellement requis pour mettre au point et commercialiser un produit de ce genre. L'équation est simple.

« Nous avons été en mesure de faire certaines choses simultanément », affirme Martin Warmelink, président de la division de la salubrité des aliments chez Bioniche. « Par exemple, le travail de concession de licences et de réglementation a été réalisé en même temps que le travail de mise à l'échelle de la fabrication par les différents membres du partenariat. Comme nous sommes parvenus à faire tout cela en l'espace de quatre à cinq ans, nous pouvons dire que nous avons établi un record pour ce genre de produit. »

Le fait d'être chapeauté par le RCRB s'est soldé par d'autres avantages. Le RCRB nous a permis de tisser des liens entre les multiples domaines de recherche nécessaires à la création d'un produit comme celui-là. Le RCRB a aussi fourni aux chercheurs un cadre de travail qui leur a permis de se concentrer sur les aspects scientifiques du projet et de ne pas se préoccuper de certaines autres questions.

« Par exemple, les questions de propriété intellectuelle peuvent parfois entraver les recherches, surtout lorsque plusieurs organismes s'en occupent », explique Andrew Potter. « Dans notre cas, ces questions n'ont été confiées qu'à un seul organisme : le RCRB. »

La formation de la prochaine génération de chercheurs scientifiques et de biotechniciens a été au cœur des activités accomplies par le RCRB au cours des 15 dernières années. Andrew Potter estime que le RCRB offre aux étudiants qui en sont membres la possibilité d'expérimenter concrètement les connaissances qu'ils ont acquises.

« Les étudiants ont une excellente connaissance de la démarche scientifique, mais grâce au RCRB ils peuvent la mettre en pratique. » Selon Andrew Potter, le développement des compétences est l'un des aspects les plus positifs du RCRB. « Je collabore actuellement avec d'anciens étudiants membres du RCRB. Le RCRB a formé trois générations de chercheurs en l'espace de 15 ans. C'est absolument phénoménal. »

www.cbdn.ca

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