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Retombées - GEOIDE - la géomatique pour des intervantions et des décisions éclairées

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Sécurité maritime :  Des chercheurs mettent au point un outil de sauvetage pour les missions de recherche et de sauvetage
 

Des chercheurs du réseau GEOIDE dans trois universités s'affairent à mettre sur pied la base de données la plus complète jamais réalisée sur l'activité maritime canadienne – tout cela dans le but de sauver la vie de marins.

En mer, les navires ne sont pas tenus de suivre une route et ils peuvent aller n'importe où.

Mais quand les choses se gâtent et qu'il faut porter des secours de toute urgence, la Garde côtière canadienne doit se rendre sur place rapidement et efficacement. Être prêt – et se trouver au bon endroit – sauve des vies.

Dans le cadre d'une étude exhaustive échelonnée sur quatre ans, l'équipe de l'Université Dalhousie, sous la direction de M. Ronald Pelot, collabore avec des chercheurs de l'Université du Nouveau-Brunswick et de l'Université de Victoria en vue d'établir la carte de la circulation maritime – des superpétroliers qui sillonnent les océans aux embarcations de plaisance qui fréquentent les côtes – pour aider la Garde côtière canadienne à limiter les pertes de vie en mer.

L'objectif est de fournir à la Garde côtière canadienne, partenaire et investisseur majeur du projet d'analyse des risques liés à la circulation maritime en zone côtière du réseau GEOIDE, une base de donnée exhaustive de toute l'activité maritime ainsi que des outils informatiques pour évaluer le risque et estimer la demande future en matière d'opérations de recherche et de sauvetage. Le système d'enquête sur l'activité et le risque maritimes (MARIS) sera livré à la Garde côtière l'an prochain. Une version de travail est déjà en place.

La création de la base de données a demandé un travail considérable. Elle comprend des données sur l'ensemble du transport maritime à destination et au départ des ports de l'Est du Canada depuis 1988. Cela représente plus de 10 000 voyages par année.

« Nous utilisons le point d'origine des navires, leur destination et les points où ils signalent leur position, précise M. Pelot. L'une des principales caractéristiques de ce logiciel, c'est qu'il utilise ces points périodiques pour établir des axes de circulation possibles. Une année-personne a été consacrée à cette tâche. »

De l'aquaculture à l'écotourisme
Et ce volet ne visait que le transport maritime. Le projet retrace également dix années d'activités de pêche commerciale au Canada atlantique, dans le Saint-Laurent et sur la côte Ouest. Les données brutes provenaient d'une variété de bases de données du ministère des Pêches et des Océans. « Pour les plus petites embarcations, nous simulons le trafic. Nous connaissons la zone où elles se trouvent. Nous savons à quel moment elles ont pris la mer et à quel moment elles sont revenues; nous pouvons donc simuler ces mouvements », explique M. Pelot.

La base de données incorporera des renseignements sur d'autres types de trafic maritime, comme les traversiers dans la région de l'Atlantique et les navires utilisés pour l'élevage piscicole, l'observation des baleines et les excursions de toutes sortes. Ainsi, une enquête a permis de recenser quelque 300 entreprises spécialisées en écotourisme, de la côte Est jusqu'à la ville de Québec. Et, comme le fait remarquer M. Pelot, les embarcations de plaisance sont plus difficiles à repérer.

« Nous ne pouvons pas cartographier toutes les eaux du Canada pour obtenir un aperçu de la navigation de plaisance parce que ce serait trop cher. À l'aide d'échantillonnages et d'enquêtes ciblés, cependant, nous serons en mesure de dire, par exemple, quel sera l'achalandage en un endroit donné par une belle journée d'été. »

Si seulement les navires se déplaçaient sur des routes
Pour être en mesure de prédire où les accidents sont susceptibles de se produire, il est indispensable de créer un modèle de risque. Mais c'est là une tâche beaucoup plus délicate lorsqu'il s'agit de navires en mer. Les voitures et les camions circulent sur des routes, ce qui facilite la mesure des mouvements de circulation. « Il existe de nombreuses analyses du risque pour les routes. Ces études portent sur des segments de routes ou des intersections. En analyse du risque, nous utilisons le terme "exposition", explique-t-il. L'exposition est beaucoup mieux définie dans le cas des routes, parce que le champ d'observation est bien circonscrit. On peut installer des postes de comptage de véhicules sur une voie de circulation donnée. Ce n'est pas la même chose avec les navires de pêche ou les embarcations de plaisance, qui peuvent aller n'importe où. »

Il y a de nombreux facteurs à l'origine des accidents en mer. L'équipe de M. Pelot examine plusieurs variables comme l'âge des navires, leur cargaison, la longueur de leur voyage (à l'intérieur des eaux canadiennes), leur jauge brute et les régimes météorologiques.

La recherche de M. Pelot porte sur la nature des accidents en mer et sur la zone où ils se produisent. « C'est le mandat de notre recherche. À terme, il sera intéressant de connaître les causes des accidents parce que nous pourrons alors concevoir des mesures de prévention. Pourquoi les accidents se produisent-ils? Nous approchons du but. »

www.geoide.ulaval.ca

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