| Des chercheurs du réseau
GEOIDE dans trois universités s'affairent à mettre
sur pied la base de données la plus complète jamais
réalisée sur l'activité maritime canadienne
– tout cela dans le but de sauver la vie de marins.
En mer, les navires ne sont pas tenus de suivre une route et ils
peuvent aller n'importe où.
Mais quand les choses se gâtent et qu'il faut porter des
secours de toute urgence, la Garde côtière canadienne
doit se rendre sur place rapidement et efficacement. Être
prêt – et se trouver au bon endroit – sauve des
vies.
|
Contribution des étudiants à
la sécurité maritime
La participation d'étudiants des cycles supérieurs
est essentielle aux activités de recherche du
réseau GEOIDE. Dans le cadre du projet d’analyse
des risques liés à la circulation maritime
en zone côtière, ils aident leurs superviseurs
à évaluer et à cerner les risques
pour les navires. Voici la contribution de trois de
ces étudiants :
Mme Helen Wu, aspirante
au doctorat à l'Université Dalhousie,
étudie le rôle de la météo
dans des incidents qui se sont produits en mer, ce qui
n'avait encore jamais été fait sur une
grande échelle. Sous la direction de M. Pelot,
elle compare les régimes météorologiques
aux routes de navigation des navires et aux modèles
d'incidents. Mme Wu a été
membre du conseil du réseau des étudiants
de GEOIDE.
M. Kevin Pegler, étudiant
au doctorat à l'Université du Nouveau-Brunswick,
et M. David Coleman, doyen de la faculté
de Génie, étudient l'utilisation de photos
satellites pour déterminer la position des embarcations
de plaisance, comparer ces données avec les résultats
d'enquêtes et extrapoler la densité du
trafic. M. Pegler a été titulaire
d'une bourse de recherche du réseau GEOIDE en
2001.
Mme Cindy Marven, étudiante
à la maîtrise à l'Université
de Victoria, travaille avec M. Peter Keller, professeur
de géographie et doyen de la faculté des
Sciences sociales, à l'étude des modèles
d'accident et de trafic sur la côte Ouest du Canada.
La présentation de Mme Marven
lors de la conférence du réseau GEOIDE
en mai 2003 a été désignée
meilleure présentation par un étudiant.
|
|
Dans le cadre d'une étude exhaustive échelonnée
sur quatre ans, l'équipe de l'Université Dalhousie,
sous la direction de M. Ronald Pelot, collabore avec des chercheurs
de l'Université du Nouveau-Brunswick et de l'Université
de Victoria en vue d'établir la carte de la circulation maritime
– des superpétroliers qui sillonnent les océans
aux embarcations de plaisance qui fréquentent les côtes
– pour aider la Garde côtière canadienne à
limiter les pertes de vie en mer.
L'objectif est de fournir à la Garde côtière
canadienne, partenaire et investisseur majeur du projet d'analyse
des risques liés à la circulation maritime en zone
côtière du réseau GEOIDE, une base de donnée
exhaustive de toute l'activité maritime ainsi que des outils
informatiques pour évaluer le risque et estimer la demande
future en matière d'opérations de recherche et de
sauvetage. Le système d'enquête sur l'activité
et le risque maritimes (MARIS) sera livré à la Garde
côtière l'an prochain. Une version de travail est déjà
en place.
La création de la base de données a demandé
un travail considérable. Elle comprend des données
sur l'ensemble du transport maritime à destination et au
départ des ports de l'Est du Canada depuis 1988. Cela représente
plus de 10 000 voyages par année.
« Nous utilisons le point d'origine des navires, leur
destination et les points où ils signalent leur position,
précise M. Pelot. L'une des principales caractéristiques
de ce logiciel, c'est qu'il utilise ces points périodiques
pour établir des axes de circulation possibles. Une année-personne
a été consacrée à cette tâche. »
De l'aquaculture à l'écotourisme
Et ce volet ne visait que le transport maritime. Le projet retrace
également dix années d'activités de pêche
commerciale au Canada atlantique, dans le Saint-Laurent et sur la
côte Ouest. Les données brutes provenaient d'une variété
de bases de données du ministère des Pêches
et des Océans. « Pour les plus petites embarcations,
nous simulons le trafic. Nous connaissons la zone où elles
se trouvent. Nous savons à quel moment elles ont pris la
mer et à quel moment elles sont revenues; nous pouvons donc
simuler ces mouvements », explique M. Pelot.
La base de données incorporera des renseignements sur d'autres
types de trafic maritime, comme les traversiers dans la région
de l'Atlantique et les navires utilisés pour l'élevage
piscicole, l'observation des baleines et les excursions de toutes
sortes. Ainsi, une enquête a permis de recenser quelque 300
entreprises spécialisées en écotourisme, de
la côte Est jusqu'à la ville de Québec. Et,
comme le fait remarquer M. Pelot, les embarcations de plaisance
sont plus difficiles à repérer.
« Nous ne pouvons pas cartographier toutes les eaux
du Canada pour obtenir un aperçu de la navigation de plaisance
parce que ce serait trop cher. À l'aide d'échantillonnages
et d'enquêtes ciblés, cependant, nous serons en mesure
de dire, par exemple, quel sera l'achalandage en un endroit donné
par une belle journée d'été. »
Si seulement les navires se déplaçaient sur
des routes
Pour être en mesure de prédire où les accidents
sont susceptibles de se produire, il est indispensable de créer
un modèle de risque. Mais c'est là une tâche
beaucoup plus délicate lorsqu'il s'agit de navires en mer.
Les voitures et les camions circulent sur des routes, ce qui facilite
la mesure des mouvements de circulation. « Il existe de nombreuses
analyses du risque pour les routes. Ces études portent sur
des segments de routes ou des intersections. En analyse du risque,
nous utilisons le terme "exposition", explique-t-il. L'exposition
est beaucoup mieux définie dans le cas des routes, parce
que le champ d'observation est bien circonscrit. On peut installer
des postes de comptage de véhicules sur une voie de circulation
donnée. Ce n'est pas la même chose avec les navires
de pêche ou les embarcations de plaisance, qui peuvent aller
n'importe où. »
Il y a de nombreux facteurs à l'origine des accidents en
mer. L'équipe de M. Pelot examine plusieurs variables
comme l'âge des navires, leur cargaison, la longueur de leur
voyage (à l'intérieur des eaux canadiennes), leur
jauge brute et les régimes météorologiques.
La recherche de M. Pelot porte sur la nature des accidents en
mer et sur la zone où ils se produisent. « C'est
le mandat de notre recherche. À terme, il sera intéressant
de connaître les causes des accidents parce que nous pourrons
alors concevoir des mesures de prévention. Pourquoi les accidents
se produisent-ils? Nous approchons du but. »
www.geoide.ulaval.ca

|