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Un minuscule parasite retrouvé communément sur
le saumon dans la nature est la cible d'un projet de recherche transatlantique
qui pourrait avoir d'importantes retombées économiques
pour les industries du poisson d'élevage et du poisson sauvage
au Canada.
Scott McKinley ne pense pas qu'il faille dépenser des
millions de dollars de recettes fiscales ou de fermer définitivement
des industries pour remédier à un problème
qui n'a pas été corroboré par des preuves
scientifiques. Plutôt, le directeur exécutif scientifique
à AquaNet, du Réseau de centres d'excellence
(RCE), se sert de ses relations de longue date avec des chercheurs
norvégiens de renommée mondiale pour déterminer
si le pou du poisson que porte le saumon d'élevage
peut infester le poisson sauvage, si d'autres facteurs entrent
en jeu ou si le problème perçu est tout bonnement
une fausse piste.
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AquaNet se joint au projet sur les produits
de la mer de l'UE
AquaNet est le seul partenaire non européen
qui participe à ce projet en aquaculture, le
plus vaste au monde. Doté d'un budget de 23,3 millions
d'euros assuré par l'Union européenne,
le programme SEAFOODplus engage la participation de
70 partenaires répartis dans 16 pays européens
et au Canada.
À partir de 2004, AquaNet mènera en concertation
avec des partenaires en Norvège, au Royaume-Uni,
en France, en Espagne et d'autres pays des recherches
sur la nutrition et l'élevage. L'équipe
canadienne aidera à mettre au point des méthodes
d'étiquetage non invasives du poisson en
vue d'étudier les effets de l'élevage
et des systèmes d'aquaculture sur la qualité
des produits de la mer.
Scott McKinley, directeur exécutif scientifique
d'AquaNet, attribue le mérite des liens de recherche
solides entre le réseau et l'institut norvégien
de recherche Fiskeriforskning à la participation
du Canada à ce projet. « Nous sommes
le seul pays non européen identifié comme
un partenaire. C'est tout un tour de force pour nous,
le RCE et en bout de ligne le Canada » a-t-il
déclaré.
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Au Canada, les préoccupations que suscitaient le pou du
poisson en 2003 ont mené à la fermeture de 11 des
27 fermes d'élevage du saumon atlantique en Colombie-Britannique
lors de la migration du saumon rose (une pratique appelée
« mise en jachère »).
« La controverse à l'effet que le pou du poisson
retrouvé sur le poisson d'élevage infeste le
poisson sauvage est fondée sur des corrélations. Aucune
étude n'a été publiée qui démontre
un lien de cause à effet, a déclaré M. McKinley,
physiologue spécialisé en environnement et titulaire
de la Chaire de recherche du Canada en aquaculture et environnement
à l'Université de la Colombie-Britannique. Nous
ne pouvons pas demander à l'industrie d'engager
des millions de dollars dans la mise en jachère de certains
secteurs ou des traitements chimiques à moins d'avoir
des preuves qu'il existe un problème. »
C'est pourquoi des chercheurs universitaires et des étudiants
de deuxième cycle du Canada et de la Norvège ont uni
leurs forces pour mener l'étude internationale la plus
ambitieuse jamais réalisée par un RCE.
En février 2003, AquaNet et Fiskeriforskning, un institut
norvégien de recherche en aquaculture de renommée
mondiale, ont signé un protocole d'entente de trois
ans qui les verra faire des échanges de scientifiques et
mener des recherches concertées sur des sujets d'intérêt
commun, tout en mettant l'accent sur le pou du poisson et
l'interaction entre le poisson sauvage et le poisson d'élevage.
Cette collaboration représente un investissement important
pour AquaNet, mais le rendement du capital investi sera dix fois
plus élevé.
Lorsque M. McKinley s'est joint à AquaNet comme chercheur
en 1999, il avait à son acquis, outre de nombreuses années
d'expérience en gestion durable des stocks de poisson,
une longue liste de collègues prestigieux qu'il avait
rencontrés durant les nombreuses années qu'il
avait travaillé en Norvège – un pays où
l'aquaculture emploie plus de 20 000 personnes et qui est
un chef de file mondial dans ce secteur en essor.
« Ayant travaillé en Norvège pendant plus d'une
décennie, je connais bien les scientifiques et les établissement
de recherche du pays, a-t-il dit. C'est le programme du RCE qui
est le mécanisme qui a permis à nos deux pays de réseauter
nos compétences respectives. »
La Norvège est reconnue à l'échelle
mondiale pour ses connaissances spécialisées en matière
d'identification des risques que pose le pou du poisson pour
les stocks de poisson et d'élaboration et d'évaluation
de stratégies d'atténuation de ces risques.
Spécialisée en biochimie et en télémétrie,
l'équipe canadienne espère mettre au point un
outil de cause à effet, appelé une signature d'isotope
stable, qui permettra d'établir un lien entre, d'une
part, le pou du poisson et, d'autre part, le poisson d'élevage
et le poisson sauvage, s'il en existe un.
« D'ici un an, nous aurons
des données scientifiques sur le risque que pose
le pou du poisson retrouvé sur le poisson d'élevage
pour le poisson sauvage. Elles nous permettront d'établir
si nous devons faire davantage de recherches pour déterminer
où les fermes devraient être installées
et comment traiter le poisson ou si la frousse causée
par le pou du poisson n'était qu'une fausse piste. »
Scott McKinley
Directeur exécutif scientifique
AquaNet
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« En nous servant d'un dispositif de communication sans fil,
nous pourrons suivre les déplacements d'un poisson à
sa sortie des eaux douces, établir sa vitesse de nage et
la direction qu'il prend et déterminer s'il reste à
proximité de piscicultures, a expliqué M. McKinley.
Nous utiliserons ensuite cette information pour élaborer
un modèle général de gestion du risque pour
nos smolts en migration. »
Une fois les données rassemblées, approuvées
par des collègues et publiées, le Canada et la Norvège
tenteront d'élaborer des stratégies scientifiques
pour atténuer l'impact du pou du poisson sur les stocks
de saumon. Les recherches concertées menées par les
deux pays pourraient aussi mener à la délivrance de
brevets et à d'autres occasions commerciales.
La collaboration avec la Norvège suscite de l'intérêt
d'autres pays européens, notamment le Danemark, les Pays-Bas,
l'Espagne et l'Italie – qui s'intéressent tous à
l'approche prise par le RCE pour mettre sur pied un réseau
national de recherches multidisciplinaires. « Nous avons
communiqué aussi avec l'Organisation des Nations Unies pour
l'alimentation et l'agriculture, a ajouté M. McKinley.
Il se peut très bien que ce sera l'organisme avec qui nous
collaborerons ensuite, ce qui permettra aux pays en développement
de bénéficier des connaissances spécialisées
du Canada en aquaculture. »
www.aquanet.ca

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