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Les faits sur le pou du poisson : Des scientifiques canadiens et norvégiens innovent en recherches en aquaculture
 

Un minuscule parasite retrouvé communément sur le saumon dans la nature est la cible d'un projet de recherche transatlantique qui pourrait avoir d'importantes retombées économiques pour les industries du poisson d'élevage et du poisson sauvage au Canada.

Scott McKinley ne pense pas qu'il faille dépenser des millions de dollars de recettes fiscales ou de fermer définitivement des industries pour remédier à un problème qui n'a pas été corroboré par des preuves scientifiques. Plutôt, le directeur exécutif scientifique à AquaNet, du Réseau de centres d'excellence (RCE), se sert de ses relations de longue date avec des chercheurs norvégiens de renommée mondiale pour déterminer si le pou du poisson que porte le saumon d'élevage peut infester le poisson sauvage, si d'autres facteurs entrent en jeu ou si le problème perçu est tout bonnement une fausse piste.

Au Canada, les préoccupations que suscitaient le pou du poisson en 2003 ont mené à la fermeture de 11 des 27 fermes d'élevage du saumon atlantique en Colombie-Britannique lors de la migration du saumon rose (une pratique appelée « mise en jachère »).

« La controverse à l'effet que le pou du poisson retrouvé sur le poisson d'élevage infeste le poisson sauvage est fondée sur des corrélations. Aucune étude n'a été publiée qui démontre un lien de cause à effet, a déclaré M. McKinley, physiologue spécialisé en environnement et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en aquaculture et environnement à l'Université de la Colombie-Britannique. Nous ne pouvons pas demander à l'industrie d'engager des millions de dollars dans la mise en jachère de certains secteurs ou des traitements chimiques à moins d'avoir des preuves qu'il existe un problème. »

C'est pourquoi des chercheurs universitaires et des étudiants de deuxième cycle du Canada et de la Norvège ont uni leurs forces pour mener l'étude internationale la plus ambitieuse jamais réalisée par un RCE.

En février 2003, AquaNet et Fiskeriforskning, un institut norvégien de recherche en aquaculture de renommée mondiale, ont signé un protocole d'entente de trois ans qui les verra faire des échanges de scientifiques et mener des recherches concertées sur des sujets d'intérêt commun, tout en mettant l'accent sur le pou du poisson et l'interaction entre le poisson sauvage et le poisson d'élevage. Cette collaboration représente un investissement important pour AquaNet, mais le rendement du capital investi sera dix fois plus élevé.

Lorsque M. McKinley s'est joint à AquaNet comme chercheur en 1999, il avait à son acquis, outre de nombreuses années d'expérience en gestion durable des stocks de poisson, une longue liste de collègues prestigieux qu'il avait rencontrés durant les nombreuses années qu'il avait travaillé en Norvège – un pays où l'aquaculture emploie plus de 20 000 personnes et qui est un chef de file mondial dans ce secteur en essor.

« Ayant travaillé en Norvège pendant plus d'une décennie, je connais bien les scientifiques et les établissement de recherche du pays, a-t-il dit. C'est le programme du RCE qui est le mécanisme qui a permis à nos deux pays de réseauter nos compétences respectives. »

La Norvège est reconnue à l'échelle mondiale pour ses connaissances spécialisées en matière d'identification des risques que pose le pou du poisson pour les stocks de poisson et d'élaboration et d'évaluation de stratégies d'atténuation de ces risques. Spécialisée en biochimie et en télémétrie, l'équipe canadienne espère mettre au point un outil de cause à effet, appelé une signature d'isotope stable, qui permettra d'établir un lien entre, d'une part, le pou du poisson et, d'autre part, le poisson d'élevage et le poisson sauvage, s'il en existe un.

« En nous servant d'un dispositif de communication sans fil, nous pourrons suivre les déplacements d'un poisson à sa sortie des eaux douces, établir sa vitesse de nage et la direction qu'il prend et déterminer s'il reste à proximité de piscicultures, a expliqué M. McKinley. Nous utiliserons ensuite cette information pour élaborer un modèle général de gestion du risque pour nos smolts en migration. »

Une fois les données rassemblées, approuvées par des collègues et publiées, le Canada et la Norvège tenteront d'élaborer des stratégies scientifiques pour atténuer l'impact du pou du poisson sur les stocks de saumon. Les recherches concertées menées par les deux pays pourraient aussi mener à la délivrance de brevets et à d'autres occasions commerciales.

La collaboration avec la Norvège suscite de l'intérêt d'autres pays européens, notamment le Danemark, les Pays-Bas, l'Espagne et l'Italie – qui s'intéressent tous à l'approche prise par le RCE pour mettre sur pied un réseau national de recherches multidisciplinaires. « Nous avons communiqué aussi avec l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, a ajouté M. McKinley. Il se peut très bien que ce sera l'organisme avec qui nous collaborerons ensuite, ce qui permettra aux pays en développement de bénéficier des connaissances spécialisées du Canada en aquaculture. »

www.aquanet.ca

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